Bloquer ses émotions c'est comme serrer un ragondin dans ses bras
C'est chaud
On dit parfois qu’il est impossible de gérer ses émotions. Tout au mieux peut-on les réguler.
Le contrôle des émotions est coûteux. Ca revient à opérer une forme de dissociation volontaire. On le retrouve dans certaines professions, mais ce n’est pas anodin.
Il existe une forme plus accessible - mais pas super fonctionnelle - de contrôle des émotions : leur blocage.
Vous y avez sûrement déjà eu recours. C’est une stratégie intéressante - mais qui a aussi un coût. Au mieux, une grosse dissonance cognitive et une fatigue générale - c’est épuisant de se comporter en décalage avec son état interne. Au pire - et c’est le plus courant - un blocage général. Surtout quand l’émotion est haute en intensité.
Exemple : je déteste quelqu’un. Ca me coûte trop de faire comme si je l’appréciais. Donc je me renferme en sa présence. Je ne dis rien, ne parle plus - même aux autres - ne fais plus rien. J’attends qu’il parte. Parce que si je parle c’est sûr je vais être désagréable. Et ça me coûte trop de faire la conversation ou d’investir un autre sujet de discussion.
Symboliquement, c’est comme si votre émotion était un ragondin, que vous avez attrapé, et que vous contraignez contre vous. Ca vous prend toute votre attention et votre énergie de le serrer contre vous et de l’empêcher de bouger, de s’échapper ou vous mordre ou vous griffer. Vous ne pouvez pas faire autre chose en même temps.
Bref : vous pouvez bloquer vos émotions. Mais c’est comme capturer et enserrer un animal sauvage dans vos bras : quand vous faites ça, vous ne pouvez plus faire autre chose. Ce n’est pas super fonctionnel.

